La 93-ème chronique du Dr Bruno Blaisse.

 

 

 

 

HYPNOSIUM

La chronique du Dr Bruno Blaisse – Avril 2026

PREAMBULE :

Vous trouverez en pièce jointe le « Mode d’emploi » (qui explique l’esprit de chaque rubrique et la façon de les utiliser au mieux), le dossier « Qui est-ce ? » (Pour mieux identifier les auteurs ou intervenants cités) et le dossier « Lexique » (pour mieux définir certains termes employés). Quand un terme ou un.e auteur.e est référencé cela est signalé par le signe *.
Quand des articles cités sont en anglais le plus souvent Google propose une possibilité de traduction automatique, il suffit de faire un clic droit sur le texte puis de sélectionner l’option « traduire en français » (et de rester méfiant car les fautes de traduction ne sont pas rares).
Ces dossiers sont très incomplets et sans prétention car je les renseigne au fur et à mesure de mes lectures, n’y voyez aucun parti-pris…

EDITORIAL :

Ce mois-ci je vous recommande le numéro HS de la revue Hypnose et Thérapies brèves sur les questionnements thérapeutiques qui est très riche dans sa diversité.
Le livre de Michel Dupuet* :« L’hypnose dans les troubles de la reproduction – Hypnos, le Dieu qui parle à l’oreille des cigognes* me semble un excellent choix de lecture dès que vous prenez en charge des femmes en âge de procréer. Il est simple, facile et rapide à lire mais surtout très instructif sur un sujet rarement traité.
Si vous vous intéressez aux Neurosciences lisez l’entretien avec Antonio Damasio* dans Philosophie magazine  ou celui sur l’IA* dans Sciences & Avenir.
Enfin l’écoute de l’émission « Préserver la relation. Peut-on éduquer sans punir ? » de Louie Média vous donnera des pistes pour aborder ce sujet délicat.
Bonnes vacances et au mois prochain (riche en ponts !).

HYPNOSE ET THERAPIES BREVES : Le Hors-Série n° 20 : « Questionnements thérapeutiques ».

  • « Le questionnement thérapeutique». Dans son éditorial Julien Betbèze* définit clairement le cadre : « Le questionnement ne cherche pas seulement à obtenir des réponses du sujet mais à faire émerger, à partir de ses réponses, de nouvelles histoires dans lesquelles la perception du sujet sera élargie…… Ainsi les questions ne deviennent thérapeutiques que si elles rendent possible la reconnexion avec la sécurité relationnelle, l’estime de soi et le monde des valeurs……. Pour que le questionnement soit stratégique, il doit faire émerger de nouvelles histoires où s’ouvre un espace dans lequel les actions sont en lien avec les intentions, remettant ainsi en place les processus d’accordage. »
  • « Le questionnement stratégique »: Dans cet article Jacques-Antoine Malarewicz* rappelle les bases fondamentales de ce questionnement : circularité*, paradoxes*, confusion*, priorité des objectifs par rapport aux moyens, acceptation de la complexité, improvisation, indirectivité, maitrise du cadre (où, quand, comment ?) mais position basse* sur le contenu, alliance thérapeutique*, triangulation*, observation des « signaux faibles », utilisation du corps, etc. Un texte très riche à lire et relire à son rythme : « Il est impossible de prendre simplement en compte un problème en tant que problème sans envisager également de l’aborder en considérant qu’il est également une solution ……. L’art du questionnement consiste également, pour un professionnel, à faire en sorte de construire une alliance contre lui. Il reste alors toujours maître du cadre de son intervention…… Ce n’est pas ce qui est dit qui importe que ce qui est perçu par autrui. »
  • « Sur le chemin du pardon ».
    • Tout d’abord Roberta Milanese* rappelle qu’« Il est largement démontré que le pardon produit de nombreux effets bénéfiques sur la santé, tant physique que psychologique» (pour la personne qui pardonne) et que « Le pardon est un baume capable de guérir définitivement les blessures des torts subis et de les transformer en cicatrices ».
    • Elle présente alors les obstacles rencontrés : confondre pardonner et oublier, pardonner et justifier, pardonner et se réconcilier, se libérer du besoin de justice (vengeance ?) ou de juger (et confondre l’acte et la personne) : « Pardonner ne signifie pas oublier ce qui s’est passé, mais décider de laisser partir et de ne plus le porter sur soi comme un rocher» et « Chaque personne est plus grande que sa culpabilité et ne devrait jamais être identifié à ses actes ».
    • Elle expose ensuite le piège du pardon conditionnel et explique pourquoi le pardon doit être inconditionnel pour libérer la victime de toute dépendance vis-à-vis de la personne responsable de la blessure.
    • Puis elle détaille les étapes : reconnaître les émotions liées à la blessure (« Pardonner ne nécessite pas de nier nos sentiments ») et les croiser pour les traiter, notamment en utilisant l’écriture (par exemple le « roman criminel ») car « L’effet principal de ce récit est d’« archiver » des souvenirs douloureux du passé, les empêchant de continuer à envahir le présent sous forme d’émotions et de perceptions dysfonctionnelles ».
    • Il faut ensuite s’efforcer de comprendre le comportement de la personne responsable de l’agression pour élargir et clarifier sa vision (mais sans justifier les actes), puis donner un sensà cette (douloureuse) expérience : « Ce qui s’est passé n’est-il qu’une catastrophe ou y-a-t-il quelque chose d’utile que je puisse retenir de cette expérience ? »
    • Un article un peu à part dans ce hors-série mais qui m’a captivé et où j’ai retrouvé de nombreux recoupements entre thérapie stratégique* et thérapie narrative*.
  • « Comment pourriez-vous aller plus mal ? » Pierre Jeanne-Julien* explique comment cette question paradoxale va permettre à sa patiente de sortir du cercle vicieux des solutions inefficaces et rappelle qu’en thérapie stratégique* : « La question est un fil logique qu’il s’agit de ne pas lâcher pour qu’il finisse par susciter une expérience émotionnelle capable de provoquer un changement. »
  • « Le questionnement stratégique de Palo Alto ». Nathalie Koralnik*revient aux origines de l’approche systémique stratégique brève*, à commencer par le concept fondamental de tentative de solution* mais aussi la circularité*, le fonctionnement du problème, les questions ouvertes* ou fermées*, la reformulation*, le 180 degré*, etc. puis donne plusieurs exemples cliniques.
  • « Le questionnement dans le modèle de Bruges ». Marie-Christine Cabié* rappelle l’origine du modèle de Bruges* puis son évolution avec l’intégration de l’approche orientée solution.

Elle insiste sur l’importance du langage dans ce modèle et évidemment les questions et reformulations*, mais aussi la circularité*, l’orientation vers l’avenir, la recherche des exceptions, la mobilisation des ressources* (« Comment avez-vous réussi à… »), la co-construction, la question miracle*, les échelles*, etc. Comme le dit Jean-François Croissant* : « La question suit la réponse » est un principe central, le thérapeute choisit ses interventions à partir de ce que le patient.e. vient de dire, tout en s’appuyant sur les principes du modèle de Bruges*. « Son questionnement alterne entre une curiosité pour le présent et le passé afin de co-construire une « histoire de compétences » et une curiosité pour le futur et la définition d’objectifs de changement. » En conclusion : « Dans le modèle de Bruges, le questionnement n’est pas une technique isolée ou un moyen de recueillir des informations. Il est l’expression d’une posture clinique fondée sur la collaboration, l’orientation vers l’avenir et la confiance dans les ressources du client. »

  • « Il nous faudrait un miracle ». Emmanuel Malphettes* expose le cas d’un patient dépressif chez qui la recherche de tiers sécure* s’avère très difficile et pour lequel l’intégration de la question miracle de Steve de Shazer* dans un parcours de thérapie narrative* donnera un résultat surprenant autour de la valeur de liberté.
  • « Percevoir les ressources, malgré tout, en orientation solutions ». Arnaud Zeman* explique qu’en thérapie brève systémique* on distingue l’espace problème* et l’espace solutions* et que « Lorsque le patient est pris dans l’espace problème, il se dissocie et ne perçoit plus ses ressources ». Le thérapeute doit donc l’amener dans l’espace solutions* pour le réassocier dans la relation. Le questionnement va d’abord explorer l’espace problème* (pour que iel patient.e se sente reconnu et écouté), puis l’espace solutions* (à la recherche des exceptions* et des ressources*). Il présente ensuite un cas clinique.
  • « Que ressentez-vous maintenant dans le corps ? » Liliana Fodorean* et Catherine Gentric* présentent l’hypnose de l’acceptation* chère à Alain Vallée* centrée sur le ressenti dans le corps et détaillent plusieurs cas cliniques.
  • « Questionner un lombalgique chronique». Brillant article de Dominique Megglé* qui nous donne d’abord le script de cet entretien puis le reprend point par point pour en détailler toutes les subtilités et insister sur les notions fondamentales, à commencer par la ratification* de la souffrance. Une magnifique leçon de thérapie.
  • « Le questionnement en thérapie du lien et des mondes relationnels ». Éric Bardot* pose le questionnement comme geste fondateur de la thérapie : « Questionner n’est jamais un acte neutre visant à extraire de l’information.C’est toujours déjà une intervention qui modifie l’espace de la rencontre, qui ouvre ou ferme des possibles ……. Chaque question modifie le système qu’elle prétend observer. Le thérapeute n’est pas un observateur extérieur mais un participant engagé dans un processus de co-construction». Il en précise les limites : « Toute intervention est conceptualisée comme une intervention de contexte : elle n’agit pas sur le contenu mais sur les conditions d’émergence du contenu……. Le questionnement vise à permettre au patient de réorganiser son vécu perceptif, non à révéler une vérité cachée. » Il rappelle alors l’importance de la synchronisation* et le rôle de la reformulation* comme outil d’accordage* : « La reformulation n’est pas une répétition en miroir. Elle opère à trois niveaux simultanés : elle valide le vécu du patient, elle construit le « nous » thérapeutique, et elle prépare le questionnement à venir. » Après avoir évoqué la transe partagée* et précisé les caractères fondamentaux du questionnement* il explique le questionnement externalisant et la différence entre plainte vivante et plainte figée : « La plainte dans son état vivant, est une entité ago-antagoniste- une forme qui maintient la tension entre les polarités : le souffrir et le protester, le subir et le résister. Cette tension lui donne sa dimension narrative.
    Quand elle perd ses attributs ago-antagonistes, elle devient identitaire et figée : « Je suis ma souffrance. » Elle confusionne soi, autre, et contexte en un tout indifférencié. » Le questionnement va permettre l’externalisation* et la remise en mouvement de la triangulation*.
  • « Le questionnement narratif en alcoologie». Grand spécialiste de la question Gérard Ostermann* détaille la démarche d’accueil de ces patient.e.s et explique que « L’interrogatoire recherche des faits ; le questionnement psychothérapeutique cherche à faire émerger le sujet dans sa singularité » et rappelle que « L’alcool a été une solution avant de devenir un problème ». Il explique ensuite comment externaliser* ce problème pour mieux analyser son influence et révéler son aspect d’« agent double », qui soulage brièvement pour mieux asservir. Cette externalisation* va permettre de de diminuer la fusion identitaire*, d’explorer des récits alternatifs (exceptions*, valeurs*, etc.) et d’ouvrir la voie au futur. Il insiste sur l’importance d’accepter l’ambivalence* des patient.e.s, et de leur laisser tout le temps nécessaire pour une progression non linéaire, faite d’avancées et de reculs. Enfin il pointe la convergence avec l’entretien motivationnel* avant d’exposer brièvement un cas clinique.
  • « Quels sont les questions pouvant guider une séance de mouvements alternatifs ? ». Wilfrid Martineau* précise d’abord qu’« Il n’est pas utile de connaître les détails de l’évènement traumatique au risque d’être intrusif ou de déclencher des réactions émotionnelles en séance…. Il convient d’être attentif aux pensées ruminatoires car se sont elles qui entretiennent l’impact traumatique (ou l’angoisse). » Ces ruminations* tournent autour de trois thèmes principaux : insécurité, responsabilité/culpabilité et impuissance. On trouve trois types d’atteintes : la sécurité relationnelle, l’estime de soi et les valeurs. Dans la thérapie* « L’objectif est centré sur la vie présente et future, non sur l’effacement mythique du passé. » Il donne ensuite plusieurs exemples de la façon dont le questionnement* peut préparer et/ou accompagner l’usage des mouvements alternatifs*.

Au total : Un numéro d’une richesse exceptionnelle à lire quel que soit votre niveau de pratique en thérapie.DANS LES KIOSQUES :

« Les clefs du mieux-être : stimuler son cerveau »Janvier 2026. 14.5 €.

  • C’est le genre de revue luxueuse et sans nom de rédacteurs dont je me méfie… A priori on y trouve des articles traduits de revues étrangères avec des titres accrocheurs ! Mais ici la sélection présente quelques articles intéressants, et d’autres beaucoup moins.
  • « Faits insolites que vous ignorez sur votre cerveau». Anecdotique. 
  • « L’effet placebo ».Bonne surprise, cet article est très intéressant et m’a permis par exemple d’apprendre que l’effet placebo* marche aussi pour le Parkinson ! Mérite la lecture.
  • « Le cerveau peut-il soulager les douleurs chroniques ? » Un peu léger, mais a le mérite de citer l’hypnothérapie.
  • « Comment percevons-nous le temps ? » Thème rarement abordé et intéressant. Découvrez la « théorie du minuteur».
  • « Comprendre les troubles dissociatifs ». Long article intéressant mais assez confus.
  • « Le plaisir de l’anticipation ».Eloge de l’anticipation positive.
  • « Qu’est-ce que la mémoire musculaire ? » Titre trompeur…
  • « Faux souvenirs ». Excellent article qui fait bien plus que citer Elizabeth Loftus*.
  • « 5 idées reçues sur la mémoire ». Quelques précisions.
  • « Pourquoi dormons-nous ? » Pas de vraie réponse.
  • « Pourquoi ne nous souvenons-nous pas ? » Des explications intéressantes par Thomas Andrillon*.

Au total : Une revue inégale et très chère mais quelques articles intéressants.

« Cerveau & Psycho ». Avril 2026. 7.5 €.

  • « Bébés et écrans : un développement cognitif perturbé». Moins de flexibilité cognitive et plus d’anxiété.
  • « Je clique, donc je crois !» L’effet de simple exposition* (biais cognitif*) est renforcé par la recherche active des informations…
  • « Une IA a réussi à déchiffrer nos pensées !» Dans des conditions très précises, mais ce n’est qu’un début…
  • « Neurodiversité, ce que la science dit de nos différences cérébrales». L’article comporte une présentation de six troubles (TSA*, TDAH*, Maladie bipolaire*, HPI*, Troubles dys*, hypersensibilité) par des spécialistes, puis précise qu’il n’existe pas de seuil clair permettant de délimiter objectivement le normal de l’anormal et insiste sur l’importance de la perturbation clinique significative tout en rappelant que certains troubles s’accompagnent d’atouts spécifiques et qu’il ne faut pas réduire une personne à son trouble ou à ses déficits.
  • « Derrière la neurodiversité, il y a aussi de la souffrance». Brigitte Chamak* détaille la construction du concept de neurodiversité*, notamment à partir des réflexions autour du TSA*.
  • « Quand le muscle fait du bien au cerveau ». Grand article qui détaille les actions des myokines* : inflammation, effet coupe-faim, mémoire, dépression, que des bienfaits ! Pour Frank-Gerald Pajonk*: « Il est incontestable aujourd’hui que la thérapie par le sport et l’exercice physique peut améliorer les symptômes de presque toutes les maladies mentales. »
  • « Comment faire durer les moments de bonheur ? » Nathalie Rapoport-Hubschman* nous invite à savourer chaque émotion positive pendant au moins 10 secondes.
  • « Eduquer sans punir ? » Yves-Alexandre Thalmann* plaide pour des règles de comportement édictées de manière claire, avec des sanctions connues à l’avance et tenues en cas de transgression.
  • « L’effet Dunning-Kruger nous touche tous un jour ou l’autre ». Entretien avec David Dunning* qui explique que l’« On ne maîtrise une science qu’une fois qu’on a compris qu’on reste éternellement un débutant. » et que « La méthode scientifique vise à réfuter les hypothèses, et non à les prouver.»
  • « Les psychédéliques sont une révolution dans le traitement de la dépression ».Entretien avec Lucie Berkovitch* qui présente les résultats très favorables (dépression, addictions*, etc.), explique les mécanismes et insiste sur l’importance des psychothérapies* associées sans occulter les difficultés rencontrées.

Au total : Un numéro très intéressant que je vous recommande.

« Notre temps Santé & bien être ». Mars 2026. 4.95 €.

  • « Les clés pour réussir son sevrage tabagique ». Les conseils de Marion Adler*. 
  • « Docteur Flo vous invite à poser des questions ».  La communication médecin/patient.e.
  • « L’anesthésie sans idées reçues». Quelques notions utiles sous forme de Vrai/Faux dont une sur l’hypnose qui est assez correcte.
  • « L’IA peut-elle devenir notre nouvelle amie ?» Laurence Devillers* rappelle qu’« A la différence d’un individu, l’IA n’est pas non plus en mesure de percevoir l’implicite d’un récit ou d’une confidence, d’interpréter un silence ou un lapsus pourtant lourd de sens. » et Elsa Godart* renchérit : « Converser régulièrement avec une IA, c’est s’engager dans un processus endogamique. Au fil des échanges nous la nourrissons de nos propres pensées, et elle nous les renvoie en miroir. In fine, cela revient à parler de soi avec soi-même. » Leurs explications sont simples et passionnantes et permettent de mieux comprendre les modes de fonctionnement des IA*, leurs biais et même les risques de dépendance ou de sevrage brutal. Lisez cet excellent article.

Au total : Un article intéressant sur l’IA*.

« Philosophie magazine ». Avril 2026. 6.9 €.

  • Le thème principal de la revue est « Comment bien se disputer ?»
  • « Que faire face à un parent vantant le génie de son enfant ?» J’ai adoré l’analyse et les solutions proposées par Charles Pépin*.
  • « Je te hais… moi non plus». Trois entretiens : une psychothérapeute, un philosophe et un écrivain. Nicole Prieur* parle des « disputes saines » qui relèvent de l’amour de l’autre et du désir de protéger et d’améliorer la relation. Pour elle « La dispute nous aide à mettre en mots sur ce qui nous blesse et à mieux connaître nos besoins ». Elle conseille aussi de laisser passer un peu de temps avant de répondre. Maxime Rovère* lui pense que la dispute est l’expression d’un système imparfait qui cherche à s’améliorer : « Eviter les disputes, c’est exclu. Faire l’éloge de la dispute, c’est bête. Mais une vie sans dispute serait une vie sans vie » et « Tant que vous n’aurez pas changé ce que la dispute vous appelle à transformer en vous, elle reviendra identique ». Lui aussi pense que laisser passer un peu de temps avant de répondre est indispensable.
  • « La conscience est une sentinelle ».Dans ce long entretien passionnant Antonio Damasio* parle du « problème difficile de la conscience » et propose un modèle incluant le tronc cérébral contrairement aux théories dominantes (notamment la théorie de l’espace de travail global* défendue par Stanislas Dehaene* et Jean-Pierre Changeux* qui ne considère que le cortex*). Il considère que la conscience est intimement liée à l’homéostasie* du corps et a avant tout un rôle protecteur basé sur l’extéroception*, l’intéroception* et la proprioception*.

Au total : Si vous vous intéressez à la consciencelisez cet entretien avec Antonio Damasio*.

« Psychologies »Avril 2026. 5.9 €.

« Le rêve lucide ». Marine Colombel* nous parle de son expérience et de la thérapie par rêve lucide* dans le traitement des cauchemars post-traumatiques.

  • « Refus scolaire anxieux ».  La France est le pays d’Europe le plus touché ! Dans les causes : système scolaire axé sur la compétition induisant un stress continu avec anxiété de performance, peur de l’échec, mais aussi anxiété de séparation, anxiété sociale, agoraphobie, harcèlement scolaire, etc. La solution passe par un trio gagnant : famille-école-soignants.
  • « L’effet cigogne ».Présentation de ce biais cognitif* qui illustre la confusion entre corrélation* et causalité*.
  • « Le langage du corps : entendre ses maux ». Nathalie Rapoport Hubschman*nous invite à ne pas sur interpréter et explique que « Ce que le corps exprime n’est pas un message codé, c’est un message à entendre. »

Au total : Rien de passionnant.

« Rebelle santé ». Avril 2026. 4.9 €.

  • « Rencontre avec Murielle Hervouette, hypnothérapeute ». Entretien avec cette professionnelle de l’industrie pharmaceutique reconvertie en « hypnothérapeute » spécialisée en oncologie ! Pas de catastrophe, mais des notions fausses comme la nécessité de faire obligatoirement des séances d’hypnose avant une opération avec accompagnement hypnotique ou le fait que « l’hypnose doit rester une thérapie brève» alors que ce n’est pas une thérapie. Je me demande quels sont les critères de sélection de cette revue pour ses articles !
  • « Jean-Jacques Charbonnier, auteur de l’ouvrage La guérison spirituelle». Entretien avec ce médecin anesthésiste spécialisé dans la communication hypnotique avec les défunts… et la Communication Intuitive Extraneuronale !

Au total : Aucun intérêt, voire du danger, une revue à éviter.

« Sciences & Avenir ». Avril 2026. 5.3 €.

  • « Les neurotechnologies décryptent nos pensées ». Cet article passe en revue les progrès récents, notamment le sous-titrage de l’esprit*, technique inventée par Tomoyasu Horikawa* qui précise que « Ces sous-titrages sont une interprétation de la pensée de la personne, mais pas forcément sa pensée réelle.» Sur le plan éthique Hervé Chneiweiss* plaide pour une utilisation raisonnable de ces techniques et la mise en place d’un mot de passe pour protéger la parole interne*. Il est urgent de donner un cadre éthique avant que ces techniques se simplifient et déferlent dans notre vie.

Au total Un bel article, si vous vous intéressez à l’IA*.

« BBC Science ». Avril 2026. 6.9 €.

  • Une nouvelle revue qui semble être la traduction française d’articles de vulgarisation scientifique anglosaxons.
  • « Le cortisol vous veut du bien ». Mise au point sur les différentes actions du cortisol et démolition en règle des âneries propagées par les influenceur.euse.s.
  • « Qu’est-ce que le bonheur ? »Distinguer le plaisir du bonheur, qui lui serait surtout lié à la levée du stress.
  • « Quand l’attention ne suffit pas ». Magnifique article sur le TDAH*, pathologie qui touche 3 à 5% de la population. L’auteur développe particulièrement la partie consacrée à la forme de l’adulte. Lisez cet article très completqui offre une vision très claire de ce trouble.
  • « L’art fait du bien au cœur ». Covid long*, récupération post AVC*, dépression, SSPT*, douleur, etc. les effets bénéfiques se retrouvent dans de nombreux domaines mais il n’y a pas de « style thérapeutique » universel et c’est l’engagement actif qui compte, surtout si l’on arrive à éprouver l’état de flow* !

Au total : Si vous vous intéressez au TDAH* lisez cet article.

« Pleine vie ». Avril 2026. 4.5 €.

  • « Opération chirurgicale, bien la préparer, bien s’en remettre». Découvrez le programme de Récupération Amélioré Après Chirurgie* qui me semble intégrer parfaitement les principes de la communication thérapeutique* et où l’hypnose devrait trouver aussi sa place. A développer.

Au total : Uniquement si vous vous intéressez au RAAC*.

« Les Inrockuptibles ». Avril 2026.12.9 €.

  • « Very good trip».  Découvrez les « trips-sitters », coachs en usage de drogues psychédéliques (LSD*, Ayahuasca*, Psilocybine*, etc.) qui semblent être très souvent des adeptes reconvertis en « Chamanes » ou « Thérapeutes ». Inquiétant.

Au total : Anecdotique, mais si vous aimez Patti Smith….

NOTES DE LECTURE :

« L’hypnose dans les troubles de la reproduction – Hypnos, le Dieu qui parle à l’oreille des cigognes ». Michel Dupuet. Ed Satas. (2026). 9.31 €. (74 pages).

  • J’ai rencontré Michel Dupuet* lors des Journées Hypnotiques de Biarritzil y a quelques années et nous avons rapidement sympathisé.
  • Par la suite j’ai lu et apprécié ses articles dans la revue Hypnose et Thérapies Brèveset les ai commentés dans les INFOS HYPNOSE, puis profité de nos rencontres annuelles à Anglet pour réaliser un entretien filmé sur sa pratique.
  • Merci à Gérard Ostermann* et Frédérique Honoré* qui ont réussi à le persuader de publier un fascicule pour partager son expérience de l’utilisation de l’hypnose dans la prise en charge des problèmes de stérilité, domaine rarement exploré et où il a une grande expertise.
  • Dans ce livre il insiste beaucoup sur le fait que ses confrères orientent très rapidement les couples vers la Procréation Médicalement Assistée même en cas de stérilité inexpliquée dite « psychogène » (un peu comme certains médecins prescrivent des somnifères plutôt que de rechercher les causes des insomnies) alors qu’une psychothérapie* donne souvent des résultats surprenants, et est beaucoup moins contraignante que le parcours de PMA !
  • Le début du livre reprend l’historique des connaissances sur l’infertilité et son traitement (depuis l’antiquité) puis propose un état des lieux en France (un couple sur quatre en désir d’enfant est en échec après 12 mois d’essais) avant d’aborder les différents mécanismes des stérilités d’origine psychologique.
  • Il nous propose ensuite 10 cas très documentés, dont un « échec » que je vous laisse découvrir, mais ce qui m’a le plus frappé ce sont les grandes qualités de Michel Dupuet* comme thérapeute (même si dès le début du livre il rappelle qu’il n’a aucune formation en psychiatrie ou psychologie) que ce soit dans ses rapports avec ses patientes ou dans le choix de ses métaphores* dont la lecture me laisse admiratif.
  • Et tant pis si je le fais rougir car une autre des caractéristiques de ce livre est la grande humilité de son auteur qui cherche à aider et transmettre, pas à briller.

Au total : Un livre rare et précieux que je vous conseille d’offrir à votre gynécologue préféré.e.

PARU, PAS LU :

« Sexualités humaines ». N° 69. Avril 2026. 10 €.

THEATRE TELEVISION FILMS SPECTACLES EXPOSITIONS :

  • « Plus fort que moi ». Film de Kirk Jones. (2025). En salles à partir du 1erAvril 2026. Le syndrome de Gilles de La Tourette*.
  • « A demain sur la lune ». Documentaire de Thomas Balmès. (2025). (01h 20). Les soins palliatifs au CH de Calais et l’apport du cheval Peyo

CONGRES, FORMATIONS, WEBINAIRES :

ADDICTIONS :

COMMUNICATION :

DEUIL SOINS PALLIATIFS :   

DOULEUR :

GERONTOLOGIE :

HYPNOSE :

  • « Sous hypnose ». Louie MédiaPassages. Avril 2026. (36 mn). Ne confondez pas match Tinder et hypnopraticien* et choisissez de vrais professionnels, qualifiés en thérapie.

PEDIATRIE EDUCATION :

PSYCHOLOGIE PSYCHIATRIE PHILOSOPHIE :

SCIENCES & NEUROSCIENCES :

SEXUALITE :

SOMMEIL :

THERAPIE :

TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE ET DIETETIQUE :

METAPHORES :

  • « La douleur chronique c’est comme une alarme qui continue à sonner pendant des semaines, des mois… alors que le cambrioleur est parti ». (Serge Perrot*).
  • « Infertilité masculine». Pour évoquer le parcours des spermatozoïdes dans les voies génitales féminines, et l’insémination artificielle, Michel Dupuet* parle du cycle de reproduction des saumons qui remontent les rivières en affrontant de nombreux obstacles (avec l’aide des hommes qui construisent des échelles pour les aider à passer les barrages), afin de revenir à la source de leur rivière de naissance et y trouver de bonnes conditions de reproduction dans les frayères.
  • « Le cours de notre vie est comme une mosaïque : nous ne pouvons ni le reconnaitre, ni le juger tant que nous n’avons pas atteint une certaine distance. » (Arthur Schopenhauer*). Pour ma part j’utilise aussi l’évocation d’une célèbre fresque de Salvador Dali qui contient deux images très différentes suivant la distance à laquelle on la regarde.
  • « Pied-de-biche» : « La thérapie orientée solutions* agit comme un levier, un pied de biche, qui parviendrait à soulever le lourd fardeau que constitue le problème afin de percevoir, en dessous, certaines exceptions à ce problème, qui constituent l’espace solutions ». (Arnaud Zeman*). 

OUTILS :

  • « CaliNange». Un dispositif multisensoriel pour garder le contact (avec les prématurés notamment).
  • «care ». Application gratuite pour améliorer le parcours de soin.
  • « Mémo de vie ». Plateforme pour les personnes subissant des violences répétées.

VIDEOS :

VIE PROFESSIONNELLE :

TURLUTUTU CHAPEAU POINTU :

VOCABULAIRE :

  • « Ambivalence »: Caractère de ce qui comporte deux composantes de sens contraire, ou de ce qui se présente sous deux aspects opposés. Actions et sentiments résultant d’un conflit défensif où entrent en jeu des motivations incompatibles. Ex : désir et crainte du changement.
  • « Circularité » : En thérapie systémique*, la circularité désigne le fait que dans toute relation, les comportements des personnes s’influencent mutuellement dans un processus continu.
  • « Fusion identitaire : Terme utilisé lorsqueles frontières entre le moi personnel et le moi social se sont estompées ; le sentiment d’appartenance de l’individu au groupe dépasse celui conféré par les liens sociaux normaux, devenant aussi fort, voire plus fort, que les liens familiaux. Il est également employé pour décrire l’identification d’une personne avec sa pathologie : « Je suis alcoolique » (et non « Je souffre d’alcoolisme »).
  • « Neurodiversité » : Terme utilisé au départ par les associations de personnes autistes* pour réclamer une meilleure acceptation des personnes différentes et pour redéfinir l’autisme* comme un autre mode de fonctionnement cognitif et qui à présent fait référence à la variabilité existante parmi les cerveaux de tous les êtres humains, c’est-à-dire l’ensemble de caractéristiques différentes qui constituent le fonctionnement neurobiologique de chaque personne.

CITATIONS :

« Avec l’expérience et l’éloignement de sa formation initiale, chacun rassemble-dans l’improvisation- un bouquet de prises de position qui le caractérise. Au mieux, il puise dans différentes approches des outils qui correspondent à sa personnalité et lui permettent souvent de trahir ses choix initiaux.

Être stratégique c’est avant tout savoir manier les paradoxes et la confusion.

 La mise en évidence des demandes cachées ou des besoins qui vont bien au-delà de ce qui est annoncé est déterminante. »

Jacques-Antoine Malarewicz

« Le courage qui manque à la plupart est celui de souffrir pour faire cesser la souffrance. »

Emil Ciora

« Pour juger un homme, il faut au moins connaître le secret de sa pensée, ses malheurs, ses émotions. »

Honoré de Balza

« Le thérapeute est expert en thérapie et le client est expert pour sa thérapie. »
Marie-Christine Cabié

« Le questionnement en TLMR n’est pas une technique. C’est une éthique de la rencontre. Ce qui guérit, ce n’est pas la bonne interprétation ni le bon protocole, c’est la qualité de la rencontre. »

Éric Bardo

« La tradition n’est pas l’adoration des cendres, mais la transmission du feu. »
Gustav Mahler 

« Le curieux paradoxe, c’est que lorsque je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. »
Carl Rogers.

« Toute intervention, par exemple de mise en protection, ne peut avoir d’autres visées que de changer les possibles de l’avenir, jamais l’actuel ne se conjugue avec le passé. »

Alain Vallée